Résumé
Les conflits armés entraînent des conséquences environnementales importantes: destruction des lieux, contamination des sols et de l’eau, ou encore déplacements de populations liés à la compétition pour des ressources naturelles. Ces impacts sont vécus différemment selon les groupes sociaux. Dans les cultures non occidentales ayant une relation étroite avec le non-humain, les guerres perturbent non seulement les structures sociales humaines, mais aussi les relations socio écologiques. Notre analyse explore les implications socio-écologiques de la re connaissance du vivant non-humain comme victime des conflits, en vue d’une transition vers la paix. À travers des études de cas en Colombie et au Timor Oriental, combinant analyses juridiques et recherches de terrain, nous repensons les notions de réparation et de réconciliation. Les analyses juridico-anthropologiques font la preuve des premiers pas vers une manière de concevoir le droit comme vecteur pour repenser la transition des conflits armés vers la paix à partir du concept de solidarité écologique, vers une notion de justice transitionnelle qui a comme base la réparation du tissu éco-social.