Résumé
En France, la géographie rurale est tardivement désignée comme un champ de recherche identifié et reconnu au sein de la discipline et des sciences sociales. La publication du Précis de géographie rurale de P. Georges en 1963, à une période où les campagnes dans le monde connaissent des transformations profondes et rapides, confère une cohérence opportune à des études rurales qui se sont structurées dans l’entre-deux-guerres sur l’héritage des monographies régionales de la géographie vidalienne. Empreinte de l’humanisme des Lumières, particulièrement présent dans l’école française de Géographie, l’intention est de fonder une démarche scientifique rationnelle pour étudier le rural comme un espace spécifique, et pour émanciper la ruralité de l’univers du mythe et de l’imaginaire agrarien dans un pays où le monde rural représente le conservatoire des valeurs nationales. Néanmoins, dès les origines, l’approche restera thématique en raison des dynamiques propres des espaces ruraux, des amplifications médiatiques conjoncturelles et surtout des contextes scientifiques qui ont construit les études rurales en champ partagé entre plusieurs disciplines scientifiques.