Résumé
Cet article, issu d'une recherche doctorale en arts, analyse trois expérimentations plastiques (workshop à Conakry, performance et installation Le rivage des ombres) croisant jeu vidéo, dessin numérique et performance en temps réel. S'appuyant sur les concepts de dispositif (Foucault) et de profanation (Agamben), l'auteure-artiste interroge comment les technologies numériques peuvent être détournées pour créer des « contre-dispositifs » critiques. La démarche articule programmation (logiciels libres), fabrication d'objets tangibles et narration, dans une approche auto-poïétique visant à révéler les mécanismes de contrôle inhérents aux outils numériques tout en ouvrant des espaces de réappropriation collective. Le geste en temps réel et l'interactivité deviennent ainsi des moyens d'interroger notre rapport aux technologies et de proposer une « pratique de la liberté » contre la passivité spectatorielle.