Abstract
Au Burkina Faso, pays sahélien vulnérable aux risques climatiques, les bas-fonds humides des zones soudano-sahéliennes ont joué un rôle agricole croissant à partir des sécheresses de 1970-1990 selon une fonction anti-risque (SERPANTIÉ et ZOMBRE, 1994). Du fait de cette propriété anti-aléatoire, l'aménagement des terres de bas-fonds pour la culture du riz a été promu dans une forme intermédiaire à l'irrigation (JAMIN et WINDMEIJER, 1995; DRABO, 2004). Cette 'mise en valeur des bas-fonds' se déplace aujourd'hui vers les zones plus humides en présence d'une demande urbaine en riz croissante et avec l'augmentation des prix en 2008 sur le marché mondial. Ailleurs en Afrique de l'Ouest, la riziculture s'est aussi développée dans les bas-fonds, parfois très anciennement, mais les pratiques le plus souvent observées visent plus à minimiser les risques écoclimatiques qu'à maximiser la production (MANZELLI et al., 2015). Peut-on encore concilier ces deux objectifs alors que les aléas liés au changement climatique semblent s'aggraver (BROWN ET CRAWFORD, 2018) ? L'enjeu pour une recherche d'accompagnement de l'adaptation est double : 1) accroître les productions de riz de bas-fond (surfaces, rendements) sans réduire la fonction 'anti-risque' de ces derniers, ni ajouter de nouveaux risques environnementaux ou sociaux ; 2) adapter aménagements et pratiques aux nouveaux aléas. Les questions scientifiques à traiter portent donc sur la caractérisation des aléas (anciens comme nouveaux) auxquels doivent faire face les riziculteurs de bas-fond, sur les effets de ces aléas et sur le niveau d'adaptation des pratiques des riziculteurs à ces aléas, en milieu 'aménagé 'comme ' non aménagé'.