Abstract
Vue des massifs qui la dominent, la Sainte-Victoire à l'est, le Montaiguet au sud ou encore le plateau de Puyricard au nord, la ville d'Aix-en-Provence s'inscrit au sein de la moyenne vallée du fleuve Arc. Cet écrin minéral et végétal forme un long corridor reliant la marge orientale du département du Var à l'étang de Berre. Il est parcouru par un fleuve à méandres de 85 km de long, qui prend sa source sur la commune de Pourcieux. Les paysages y sont riches, complexes et, de mémoire d'homme, semblent avoir peu évolué malgré les diverses agressions qui ont pu les affecter, que celles-ci soient causées par l'étalement urbain grandissant ou des événements ponctuels. L'embrasement de la Sainte-Victoire en 1989 ou encore les crues de l'Arc, particulièrement puissantes en 1978, 1993 ou 2003, sont de bons exemples de ces aléas climatiques ou autres. La cicatrisation plus ou moins rapide et efficace des plaies occasionnées donne ainsi l'impression que ce cadre géographique et paysager a traversé les âges sans subir de changements notables.En réalité, pour qui sait observer, cette impression n'est qu'une illusion. Les formes du paysage de la vallée de l'Arc subissent de continuelles transformations et ce que l'on en perçoit aujourd'hui est le résultat d'une histoire complexe des milieux, dont témoignent la grande diversité des roches, des reliefs et l'aspect du paysage actuel. À l'échelle des temps géologiques, les changements climatiques et tectoniques ont, en effet, été les moteurs de mutations paysagères successives.