Résumé
Ce chapitre s’intéresse au processus d’écologisation de l’industrie électrique en Guadeloupe depuis le début des années 2000. Nous faisons l’hypothèse que l’essor des énergies renouvelables sur ce territoire est largement structuré par les effets de marquage du circuit financier de la contribution au service public de l’énergie (CSPE), un dispositif étatique de péréquation tarifaire, géré par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). D’« universel », c’est-à-dire indifférent aux sources d’énergie utilisées, le marquage légitime de façon croissante la production d’électricité verte jusqu’à menacer la pérennité des actifs carbonés. L’attention aux marquages permet d’identifier différentes séquences d’écologisation, où chaque acteur lutte pour sécuriser son accès à ce circuit essentiel à son accumulation du capital. L’écologisation apparaît comme un processus à la fois itératif et controversé, certes liée à des innovations techniques, mais également aux infrastructures de financement qui façonnent fortement les relations des acteurs du circuit.