Abstract
Les seniors comptent environ 23 millions de personnes en France (36 % de la population contre 50 % aux États-Unis d’ici 2017). Ils ont un pouvoir d’achat supérieur de 38 % à celui des autres générations. On estime qu’ils contribuent à 50 % des ventes de produits de grande consommation et dépensent 40 % de plus que les moins de 45 ans pour leur alimentation quotidienne (étude Nielsen, 2013). Les seniors représentent donc l’eldorado de la consommation. Cependant, ces consommateurs doivent faire face aux conséquences du vieillissement – tels que des déficits visuels et/ou cognitifs – et à des modifications psychologiques – qui peuvent conduire à une plus forte vulnérabilité perçue face aux acteurs marchands – complexifiant la première étape de leur processus de prise de décision : la recherche d’information. De fait, les consommateurs âgés constituent un public privilégié pour les associations de consommateurs, acteurs historiques de la protection du consommateur.En effet, depuis leur création, les associations de consommateurs mènent au quotidien des actions de défense des consommateurs, notamment des plus démunis et des plus vulnérables grâce à un réseau local déployé sur le territoire national. Cette mission de protection se fait à deux niveaux : les associations de consommateurs aident les individus à s’informer avant un achat grâce notamment à une information impartiale, indépendante des acteurs marchands ; enfin, elles aident les consommateurs à se défendre en cas d’un différend avec un acteur marchand.Dans un contexte commercial qui propose une pléthore d’offres destinées aux seniors et parmi lesquelles ils peinent à se retrouver, il est important de comprendre comment ces consommateurs effectuent leur collecte d’information avant un achat, afin de chercher à déterminer les manières de les protéger contre leur éventuelle vulnérabilité perçue. Dans une telle optique, le rôle des associations de consommateurs est fondamental.L’objectif de ce chapitre est double. Tout d’abord, nous chercherons à savoir si le vieillissement entraîne des spécificités dans la recherche d’information, en raison de facteurs individuels (section 1) ou, dans certains cas, d’une plus grande vulnérabilité ressentie par les seniors (section 2). Nous en déduirons des moyens à la disposition des associations de consommateurs pour protéger les seniors en les aidant dans cette phase d’information (section 3).