Résumé
Le temps semble révolu où les éléments naturels étaient perçus comme des freins pour atteindre un optimum de production dans des systèmes standardisés : l’écologisation des pratiques a permis de les réintroduire en les considérant comme « des objets utiles et fonctionnels » au sein des agrosystèmes (Barbier, Goulet, 2013, p. 201). Le réinvestissement des processus naturels est tel que certaines pratiques agricoles amènent à considérer la place de la nature sauvage sur la ferme, voire dans les processus de production, allant parfois jusqu’à un « réensauvagement de la ferme » (Mondière et al., 2022). Je souhaite focaliser l’attention sur cette dimension au sein de l’agroécosystème, à savoir comment le sauvage est caractérisé et comment il se manifeste dans les processus de production. J’explore la place ontologique accordée au sauvage chez des agriculteurs en productions végétales via les pratiques en lien avec lui, volontairement ou non.