Résumé
Cette étude concerne une série de 314 hystérectomies vaginales pour lésions bénignes, opérées à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart entre 1991 et 2001. Nous avons étudié, à l'aide d'un questionnaire, les conséquences fonctionnelles urinaires (incontinence urinaire d'effort, incontinence urinaire par impériosité, dysurie et pollakiurie), digestives (constipation et dyschésie), sexuelles (sécheresse vaginale, dyspaneurie) et l'apparition de troubles de la statique pelvienne, à distance de l'intervention, avec un recul opératoire moyen de 4.5 ans. Dans un second temps nous avons comparé les résultats ) un groupe contrôle, composé de patientes ayant eu une chirurgie utérine conservatrice par thermocoagulation de l'endomètre pour ménorragies fonctionnelles. Nous n'avons pas pu apparier correctement nos deux populations. Le groupe contrôle est plus jeune, avec une parité moyenne plus élevée et une proportion moindre des patientes ménopausées sous traitement hormonal substitutif. Nous avons retrouvé respectivement pour le groupe hystérectomie et pour le groupe contrôle, un taux d'incontinence urinaire d'effort de 3,8% et 3,5%, un taux d'incontinence urinaire par impériosité de 3,8% et 0,9%, un taux de constipation de 17,5% et 16,4%, un taux de dyschésie de 15,3% et 17,2%, un taux de dyspaneurie de 14% et 15,5%, et un taux de prolapsus symptomatique de 7,6% et 10%.L'analyse statistique n'a révélé qu'aucun de ces paramètres étudiés n'est significativement (p<0,05) plus fréquent dans le groupe hystérectomie par rapport au groupe témoin. Au total, cette étude permet de mettre en évidence l'innocuité de l'hystérectomie vaginale sur l'apparition de troubles urinaires, digestifs, sexuels ou de la statique pelvienne à long terme. Il semble logique en cas d'hystérectomie, de proposer cette technique chirurgicale en première intention pour les lésions bénignes de l'utérus.