Abstract
Extrait de la préface de Monique Bourin : (...) Dès lors, le programme du PCR 25, « La pierre, le métal, l’eau et le bois. Économie castrale en territoire audois, XIe-XIVe siècles » comble une lacune, tout compte fait surprenante, des recherches consacrées au castrum. L’industrie extractive des pierres (notamment celle des meules) et des minerais, les activités de transformation (production de chaux et travail des métaux), les aménagements que ces activités contribuent à faire naître et à développer pour utiliser au mieux les ressources en bois et en eau constituent donc une thématique essentielle et inexplicablement laissée de côté jusqu’ici dans la région. La démarche interdisciplinaire d’une archéologie qui prend en compte, à côté des données des fouilles, celles des textes et celles des analyses paléoenvironnementales en assure la méthode. On comprendra sans doute mieux la richesse de ces castra, richesse qui surprenait tant qu’on la cherchait dans les activités agricoles : les terroirs de ces castra sont maigres. Leur fortune est ailleurs. Et on comprendra sans doute mieux aussi cette impression de progrès à l’envers, de « décroissance » entre le XIIe et le XVIe siècle : il n’est pas sûr qu’elle soit représentatived’une sorte de décadence générale ou de vulgarisation de la consommation. Elle est peut-être liée à l’histoire même de ces castra et au déplacement vers d’autres sites des activités qui en faisaient la richesse. Cet ouvrage nous conduit donc tout à la fois au cœur d’une économie d’extraction et de transformation essentielle à la richesse régionale, mais peut-être aussi, à partir de ces exemples audois, à bien saisir les spécificités de cette richesse médiévale des castra des « montagnes ».