Résumé
Depuis l’apparition du Code civil, l’évolution du droit de la famille est unmarqueur déterminant de l’avènement démocratique et de l’histoire del’individualisme. Au XIXe siècle, dire que le Code civil a détruit la familleconstitue un lieu commun des écrivains et penseurs réactionnaires.Plus récemment, les réformes des années 1964-1975 puis 2000 ontconduit à parler de «révolution anthropologique» et ont fait redouter une«désinstitutionnalisation» de la famille. Désormais les régimes politiquesautoritaires n’hésitent plus à instrumentaliser ces questions à des finsgéostratégiques pour attaquer les démocraties.Dans ce contexte, le livre remet en perspective deux siècles de littératurede la famille. Travaillée de l’intérieur par les évolutions du droit, cettelittérature constitue en effet un creuset permettant defigurer des possibilités normatives nouvelles, mais aussi dequestionner ce qui trace le territoire de l’irréductible familialoù ce qui fait loi relève de l’inconscient archaïque d’unestructure. L’ouvrage s’ouvre aux littératures maghrébines delangue française pour mettre en perspective les aspirationscontemporaines à une réécriture des lois concernant leslibertés individuelles. Il aborde en outre les enjeux éducatifsmajeurs que recouvre l’étude de cette littérature pour la constructionidentitaire des adolescents. Ce faisant, il aide ces derniers à penser desimaginaires théoriques de la famille et à mieux se situer dans l’histoirepsychologique et sociale de l’individualité.